Standard de travail du Lagotto Romagnolo...
PRELIMINAIRE
Le Club Italiano Lagotto pense que l'introduction de l'aptitude au travail dans la sélection du Lagotto
Romagnolo est un pas fondamental pour l'avenir de cette race qui possède des caractéristiques
uniques dans le panorama cynophile mondial.
L'aptitude à la recherche de la truffe, progressivement mise en avant au
siècle dernier, est l'un des éléments fondamentaux qui ont permis d'éviter
une extinction quasi certaine de notre race.
C'est pourquoi nous pensons que la sélection du Lagotto Romagnolo doit
s'opérer en valorisant parallèlement les qualités morphologiques et les
aptitudes fonctionnelles.
Les épreuves de travail doivent avoir pour fonction de mettre en évidence
les qualités qui concourent à faire un bon chien truffier.
Les modalités d'organisation et les critères de jugement seront orientés
de manière à ce qu'un bon chien truffier, bien éduqué, puisse affronter ces
épreuves sans nécessiter de préparation spécifique.
ALLURE ET COMPORTEMENT
L'allure du Lagotto Romagnolo au travail est caractérisée par un trot souple et joyeux qui démontre une joie profonde dans l'exercice de sa fonction de recherche. Des passages au galop sont admis au début de son parcours et lors de retours sur une partie du terrain déjà exploré et dans les changements de zone ; quant au pas, il est admis dans les phases de confirmation et de contrôle d'une émanation.
L'allure devra être en adéquation avec la nature du terrain, amplifiant ou restreignant le rayon d'action, afin de réaliser un travail utile, l'action devant être soutenue, avide, attentive et diligente.
Le port de tête est en relation avec l'allure et la rapidité du chien.
Dans les phases de recherche rapides, la tête est légèrement relevée mais avec le nez toujours incliné vers le sol ; dans les phases de confirmation au pas, la tête est progressivement abaissée jusqu'à poser le nez sur le sol ; en présence d'une forte émanation, le Lagotto peut relever sensiblement la tête pour prendre le vent et se faire guider vers celle-ci.
La queue peut être portée dans le prolongement de la ligne de dos ainsi
que plus relevée mais en aucun cas enroulée sur le dos et encore moins
sous lui (entre les pattes). Au trot, la queue bat joyeusement souvent avec
d'amples et rapides déplacements latéraux ; en accentuant ces mouvements
le lagotto signale à son conducteur la présence d'une truffe ; il est essentiel
que le Lagotto exprime avec sa queue sa joie et sa volonté au travail.
RECHERCHE
La quête est volontaire, avide et déterminée, exprimant intuition et initiative,
accomplie sur des lignes diagonales avec de fréquents changements de
direction, balisant le terrain qui doit être inspecté de manière minutieuse et
détaillée.
Le lagotto doit démontrer intelligence, concentration et odorat, adaptant son allure et l'ampleur de sa quête aux conditions environnementales : le chien doit trouver le juste équilibre entre une bonne couverture du terrain une allure suffisamment brillante et une capacité d'analyse très aiguë lui permettant d'effectuer aussi les marquages les plus difficiles.
Ceci peut se produire à une distance raisonnable de son conducteur.
Quand le lagotto entre dans le champ d'une légère et hypothétique émanation de truffe, il ralenti jusquau pas, remontant vers l'origine présumée, approchant progressivement son nez du sol et accentuant les mouvements de sa queue. Il peut s'arrêter, effectuer une profonde inspiration et esquisser un marquage; si son impression ne se confirme pas, il reprend immédiatement son allure habituelle ; si au contraire il vérifie la présence d'une truffe, il commence à gratter de manière décidée.
Si durant sa quête il rencontre une zone d'émanation qui le rend immédiatement certain de la présence d'une truffe, il se dirige immédiatement vers son origine et commence à gratter sans hésitation.
Quand il perçoit une émanation portée par le vent, il la remonte, même à distance de son conducteur, il peut ralentir et s'arrêter pour inspirer avec la tête très relevée et reprendre le vent pour mieux localiser la source de l'émanation.
Le Lagotto se caractérise par une complicité absolue et extrêmement naturelle avec son conducteur .Même s'il démontre autonomie et initiative dans la quête, il sera toujours prêt à suivre les indications de son conducteur en toutes circonstances, prompt à revenir ou à diriger sa quête dans la direction indiquée.
Le caractère est ouvert et actif et sa prédisposition naturelle au travail le rende peut sensible aux stimulations externes qui pourraient être sources de perturbations.
Il est totalement désintéressé à la présence d'émanations de gibier, sauf, en cas de rencontre fortuite ; en de telles circonstances il peut montrer un moment d'intérêt, prêt cependant à reprendre sa quête à la première demande de son conducteur.
CAVAGE
Une fois qu'il a localisé l'endroit, le Lagotto doit effectuer un cavage décidé il
peut faire des pauses de contrôle pour flairer les parois et le fond du trou,
pour mieux localiser la truffe et diriger en conséquence son grattage, il peut
chercher en dehors du trou sil pense l'avoir expulsée. L'action peut être
interrompue par le conducteur et dans ce cas le chien devra reprendre le
grattage à la demande : le travail du Lagotto au grattage doit permettre à son
conducteur de récupérer la truffe.
LE NEZ ET L'ODORAT DU CHIEN
Aire olfactive du chien : coupe parasagittale des cavités nasales
(cornets nasaux enlevés)
1. Sinus frontal
2. Lame criblée de l'ethmoïde
3. Nerf ethmoïdal
4. Nerfs olfactifs
5. Partie nasale de la cavité pharyngée
6. Nerf nasal caudal
7. Nerf voméro-nasal
8 et 9. Rameaux nasaux du nerf ethmoïdal
Chez le chien, l'odorat peut être considéré comme le sens numéro un. Il sert pour la chasse, pour se repérer, pour communiquer entre individus et indiquer ses préférences alimentaires. Le chien reconnaît plus facilement son maître, sa maison, à l'odeur plutôt qu'à la vue. Le flair est également important dans la perception et l'appréciation des aliments. Il prime même sur le goût : si l'odeur ne convient pas à l'animal, il refusera d'y goûter.
Par rapport à l'homme, l'odorat du chien est un million de fois plus développé, les cellules cérébrales liées au décryptage des odeurs sont quarante fois plus nombreuses dans le cerveau du chien. Cette grande sensibilité olfactive est également due à la surface du récepteur, la muqueuse olfactive, qui mesure 150 cm2 chez le chien contre 3 cm2 chez l'homme.
La perception des odeurs est variable en fonction de leur composition chimique, du degré d'hygrométrie de l'air ambiant ou de leur poids moléculaire. Une molécule lourde et légèrement soluble dans l'eau est plus facilement perçue. C'est sur ces bases que travaillent les chiens détecteurs d'odeurs, humaines (chiens de décombres, de pistage), ou d'objets (drogues, explosifs, truffes).